Max Snow

Janvier 2013

Max Snow est un photographe né à NY en 1984, ville où il vit et travaille toujours. Après de nombreuses expositions, collectives ou en solo, aux Etats-Unis, Russie, Hollande, Allemagne, Max Snow signe ici sa première exposition parisienne.

Inspirée de la ‘Dame de Shalott’, poème d’Alfred Tennyson telle une balade lyrique adaptant une légende arthurienne où elle est condamnée à rester isolée sur une île fortifiée, incapable de prendre part au monde et qui doit en observer l’image deformée par le biais d’un miroir puis le retranscrire sur une tapisserie.

Le poème et l’exposition nous questionnent sur notre société et le rôle de l’artiste, réagissant au paradoxe de créer de l’art inspiré par le monde mais également de l’habiter. Le lien immuable entre le tissage et la malédiction fatidique de la Dame, considérée à la fois comme artiste et individu dans la société, est de voir le monde uniquement à travers ses propres filtres. Il y a également une référence directe à l’allégorie de la carverne de Platon où le monde est perçu comme un jeu d’ombres aux formes idéales venues d’un extérieur hors de toutes perceptions humaines.

Les quatres femmes enroulées de linceul apparaissent comme transformées en statue de marbre, rappellant les ornements funéraires similaires à ceux trouvés dans la crypte impériale des Habsburg. Le voile réduit leurs silhouettes à la ligne de leurs courbes et à leurs contours. Les séries originales de nus et d’oiseaux rappellent la légende grecque de “Léda et le cygne”, où Zeus prit la forme d’un cygne pour séduire une mortelle. La composition, tout particulièrement la pose allongée, suggère que ces séries ressemblent aux Hermaphrodites de Borghese du Louvre.

En recouvrant les yeux et le visage, le spectateur est mis à l’écart de l’intimité du sujet photographique et forcé à s’impliquer d’avantage dans la composition et la représentation d’une forme corporelle. Sans les éléments humanisant que sont les yeux avec lesquels nous discernons les émotions et tissons des liens, les femmes présentées sont étranges et formellement sans expression.

Elles se servent de voiles pour que le spéctateur découvre les attentes et les fantaisies intérieures. Ces femmes sans tête semblent dire que le sens des choses est dans les yeux du spectateur et que l’identitée personnelle est construite et interpellée de l’extérieur.
« Le miroir se fendit de part en part : « la malédiction s’est abattue sur moi » cria la Dame de Shalott. »

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